Prologue
Une soudain envie d'écrire, de reprendre ce que je sais le mieux faire, finalement. Je ne sais pas pourquoi je ne m'y suis pas remise avant. Peut être l'odeur de boeuf cramé dans la cuisine, oui je suis végétarienne, ça me donne envie de gerber. Seulement voila, il est 08h37, c'est les vacances et j'ai passé ma journée, entière, du samedi à pleurer dans mon lit. Mon oreiller est humide, et je déteste ça. Ma mère pense que je suis en dépression, que je refuse de manger. T'inquiète pas maman, je mange, je dévore, j'me remplis et je pleure. Il est 08h37, nous sommes dimanche. Il fait beau, chaud. Enfait j'en sais rien, les volets sont fermés. Mais il doit faire beau et chaud, c'est les vacances. J'suis seule chez moi, une fois de plus. Faudrait que j'aille ranger le bordel intersidéral que j'ai foutu dans la cuisine. Le mot intersidéral me fait triper, et je sais pas l'écrire. Mes crises ne cessent plus depuis maintenant 3 semaines, et c'est le moral qui en prend un coup. Mais ça passera, ça fini toujours par passer. Enfait non, ça fait deux ans que ça dure, ça ne passera pas. J'ai fini par m'y habituer, finalement c'est une peu une partie de ma personnalité maintenant. Genre " Bonjour, je m'appelle Magali, et je suis grosse " je vous assure qu'on fini par s'y habituer. C'est un besoin, un picotement acide qui remonte de votre estomac et qui prend doucement le contrôle de votre cerveau, ordonnant à votre main d'attraper tout ce qui passe et de le bouffer, de l'engloutir dans la seconde. C'est un mal nécessaire. Un besoin, une obsession, vous dis-je. Seulement voila, vous ne pouvez pas comprendre, vous ne le vivez pas. Vous ne vous détestez pas, ne vous charcutez pas les avant-bras, n'êtes pas moi. Et heureusement pour vous. Je regarde les Totally Spies. Et accessoirement, dans maintenant 16 jours, j'aurai 17 ans. C'est déprimant, 17 ans que t'existe. 17 ans que tu fous ta vie et celle de ceux qui t'entourent majestueusement en l'air. Que tu les déçoit, les blesse. La vie n'est pas rose bonbon saveur praline. Trop de glucose tue le glucose. Parce que oui, j'ai des amis et des parents formidables. Seulement voila, tout ce que je sais faire c'est leur causer du soucis, avec ma maladie de merde, mon conportement de merde, mes états d'âme de merde, mon caractère de merde. Une phrase entière où je ne parle que de matières fécales, aurais-je des tendances scatophile maintenant ? Il manquerait plus que ça... J'suis maniaco-dépressive, ça suffira. J'ai aussi le don d'écrire des textes gai. J'ai pas envie de mettre le mot gai au pluriel, c'est moche avec un S. Némo est encore vivant, par je ne sais quel miracle de la vie d'ailleurs. Ce poisson rouge est un survivor ( à prononcer avec l'accent, genre j'suis une américaine, s'il vous plait ) et il sait nager à l'envers. La réincarnation d'Einstein, je vous le dis. C'est remarquable le nombre de lignes que l'on peut remplir avec des conneries plus grosses les unes que les autres. Remarquable. Mais mon poisson rouge nage véritablement à l'envers, avant de se coincer patéthiquement dans son anémone violette. Oui j'aime le violet, c'est un fait. Les mots crouttes et dilater ( ou tout dérivés de ce mot d'ailleurs, tel que dilatation par exemple ) me dégoutent. Imaginez la scène " t'as les crouttes qui se dilatent " j'vous jure, c'est tout bonnement écoeurant. Aussi écoeurant que cette putain d'odeur de boulettes de boeuf, pur muscle, cramées qui flotent dans l'air. Je me suis toujours demandé, question existencielle assez énorme, si, lorsqu'on a le nez bouché, on peut encore se taper des rails de coke ? Je n'ai toujours pas la réponse. J'ai envie d'aller à Aix, de fumer une chicha à la mandarine avec eux et de passer faire un tour à Corezone. Histoire de jeter un coup d'oeil dans la rue d'en face, Anne so tu comprendra surement. Je relis ce que j'ai écris depuis le début, et non seulement c'est vraiment nul à chier, mais en plus, ça n'a aucun sens. C'est de l'écriture contemporaine, oui comme l'art contemporain, et un jour, ça vaudra des millions. Ou pas. Mais bon l'espoir fait vivre. Et j'arrive pas vraiment à me concentrer avec du ACDC en fond sonore. Jme la raconte genre j'suis une rockeuse, quedal, j'aime juste la voix de chien écorché de Brian Johnson. D'ailleurs, cette odeur de cramé commence vraiment à m'agacer. J'vais ranger la cuisine.


